La culture comme dimension universelle. De la totalité sociale à l’instrumentalisation politique de Stéphane Vibert.

La culture comme dimension universelle. De la totalité sociale à l’instrumentalisation politique de Stéphane Vibert.

Version PDF – Vibert (2017) La culture comme dimension universelle. De la totalité sociale à l’instrumentalisation politique.

Cette contribution vise à cerner l’évolution des significations du concept de « culture » afin de mieux comprendre l’emprise majeure qu’il exerce désormais dans la plupart des conflits identitaires contemporains, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières définissant les communautés politiques : multiculturalisme, autochtonie, nationalisme, ethnicisme, sécessionnisme, etc. Dans le cours du développement moderne, la « culture » – par opposition à la « civilisation » unilinéaire et évolutionniste – en est venue à signifier la totalité de sens qui articule une multiplicité de dimensions (politique, morale, économie, religion, droit, langue, etc.) afin de caractériser une manière singulière d’être-ensemble et d’incarnation de l’humanité commune. Pourtant, depuis les années 1970 et la remise en cause du paradigme objectiviste dans les sciences sociales, la notion de « culture » s’est progressivement muée en instrument politique visant la reconnaissance des paroles minoritaires, la récusation d’un universalisme abstrait assimilé à l’entreprise coloniale, un positionnement éthique du chercheur en faveur d’une subjectivité plus réflexive et dialogique, etc. Que reste-t-il donc de la culture au terme de ce mouvement, et existe-t-il encore un lieu pour penser une « réalité ontologique du socialhistorique » (Castoriadis) qui ne soit pas asservie à une visée purement instrumentale ?

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